Voila, le périple qui devait nous amener de New York à Moscou, et puis de retour chez nous, s'est termine hier matin (le 18 mars 2009) apres un peu plus de onze mois de voyage...
Si New York, lieu hautement symbolique d'un style de vision du monde, fut une première étape surprenante, Moscou, anciennement capitale d'un "autre monde" pour certain, s'est révélée être une conclusion qui n'avait rien à envier à New York, que du contraire...
Beaucoup de pages et de recits restent à écrire, ils seront postes ici petit a petit...
jeudi 19 mars 2009
dimanche 22 février 2009
Plein cap a l'Ouest...
Voila, a partir de Beijing (Pekin) notre cap est plein Ouest et la distance qui nous separe de la petite Belgique ne fera que diminuer a present...
samedi 21 février 2009
En Asie depuis trois mois...
Figure de singe ou de demon du Ramayana au Grand Palais de Bangkok.
Cela fait bientot trois mois que notre remontee de l'Asie a commencee, mais etant, comme toujours, tres en retard dans l'ecriture des recits detailles, je vous en livre ici seulement un appercu rapide.
Arrives a Jakarta, veritable incarnation du chaos, notre route est rapidement remontee vers le centre de l'ile de Sumatra, jusque Padang, apres deux jours et deux nuit de bus. De la quelques jours de repos pour se rehabituer au vrai voyage au bord du Lac Maninjau, situe au fond d'un ancien cratere volcanique. Passage, non loin de la, par Bukkitingi, devenue tres laide et peu touritique. Quittant une pluie battante et incessante, c'est dans un bus vraiment local et pourri pourri que nous sommes arrives une nuit apres aux bords du Lac Toba, immense lac volcanique magnifique. Ma zone preferee de l'Indonesie, ou, helas, Shangri La n'est plus...
Medan, l'afreuse, sera notre port de sortie, un lieu qui ne laisse pas la meilleure impression sur un pays qui souffre deja d'une chute collossale du tourisme. Il y a 12 ans, Sumatra etait en plein sur la piste touristique, aujourd'hui, a notre grand plaisir egoiste, il n'y aplus un chat...
Les mosquees poussent de partout, entre reveil a 4h30 et hurlement des chiens qui accompagnent le muezzin le soir, les sermons se font dans le negativisme le plus absolu... Bref un pays qui ne va pas bien.
Bref passage ensuite en Malaisie, ou nous avons arpente les rues de Georgetown sur l'ile de Penang, ancien joyau anglais ayant joliment conserve son architecture traditionelle. Lieu du melange interculturel par exellence, les habitants se disent et se montrent fier de la coexistance harmonieuse et de la tolerance entre les differents groupes ethniques et religieux. Hindoux, Musulmans (indiens et malais), Bouddhistes (chinois, thais et malais), Confucianistes et Taoistes, chretiens et autres sont tous bien representes et se melangent de facon interressante. Une ville qui a pau change, un modele pour l'avenir, avec, ne plus de delicieux restaurants indiens vraiment tres bon marche.
La Thaillande se resumera, helas, a Bangkok, ou nous passerons Noel et la Nouvelle annee avec mon pere et sa compagne. Bangkok a explose en 12 ans, mais le charme de voguer au gre de la riviere Chaopraya, en prenant simplement le ferry local, n'a pas diminue. Les temples etincellent peut etre encore de plus belle, malgre les troubles politiques recents et la fermeture longuette de l'aeroport, comme si les gens allaient y chercher plus de reconfort encore durant ces periodes tendues, contre moults dons... La Thaillande semble en avoir assez du tourisme, sa manne principale, car elle semble s'acharner a jouer soit les troubles fetes, soit a imposer de nouvelles regles genant plus l'honnete voyageur a petit budget que le gros porc plein de sous venu chercher le jeune sexe bon marche.
Si le Cambodge avait ete a l'image du passage de frontiere pour y rentre (c'est a dire la corruption la plus infecte possible, me forcant a payer, pour la premiere fois, "un supplement" de passage), nous l'aurions deteste. Par chance, le ravissement et l'enchantement d'un lieu comme la zone d'Angkor, avec ses ruines fabuleuse (et le mot est faible), parfois tres (voire trop) restauree, parfois encore perdues dans la vegetation, et la sympathie des gens malgre la ultra haite saison touristique, auront contribue, non seulement a rattraper cette image, mais aussi a nous dire qu'ici il nous faut revenir absolument... Pnom Pehn, fait l'effet d'une capitale de seconde, voire de troisieme zone, dont seulement un batiment perce pour l'instant l'horizon au dessus des toits, et celui-ci est encore en construction...
Passage au Vietnam en croisiere a travers le Delta du Mekong, ce fleuve gigantesque et veritable voie de communication naturelle jusqu'au coeur de l'Asie du Sud Est. Une semaine a Ho Chi Minh ville, anciennement et localement Saigon, surnommee a tres juste titre "Mobylette city" par Melanie, avec ses 5 millions de mobs kloxonnant a tout instant, ou nous avons eu le plaisir d'avoir la visite d'un ami proche. Visites rapides a Hoi An et Hue, dans l'ordre ancien village preserve mais ultra touristico-commercial, et ancienne capitale imperiale. Puis montee jusqu'a Hanoi, respects a l'Oncle Ho qui dort entoure d'un protocole impressionnant, balades en ville, et depart vers la baie d'Halong pour un tour en bateau qui, s'il fut joli, nous a montrer les cotes les moins chaleureux et les plus frustres des gens du coin... Rencontres malheureuses qui tacheront fortement notre image du pays, dont nous nous verrons contents de sortir... Si le Cambodge nous a donne envie de revenir lui rendre plus amplement justice, le Vietnam helas pas.
L'entree en Chine me fit l'effet d'une liberation apres cette triste experience, et nous avons joue de chance en attirant l'attention volontaire et frequente de sympathiques chinois, venus vers nous soit pour nous offrir leur aide soit pour nous offir la rencontre. Etape-parenthese a Hong Kong, chez mon pere, visites nombreuses d'une ville incroyable, veritable pont vers le futur (voire la science fiction), aux transports en communs exeptionnels (qui devraient nous servir de modele tant ils sont biens penses), et a la vivabilite surprenante pour une ville de cette taille (des passerelles pietonieres surelevees relient a de nombreux endroits les differents blocs de la ville, permettant aux passants un deplacement sur et eloigne du traffic). Le temps d'obtenir le cher et difficile visa russe et nous voila reparti en Republique Populaire...
Le train de Shenzen a Guilin en une nuit nous refamiliarisera avec le pays et les gens, etape bien utile pour rejoindre Yangshuo par nos propres moyens. Yanshuo, c'est ce village blotti au creux des pics et des montagnes chinoises de formes aroundies qui sont habituellement representees sur les peintures melancoliques et brumeuses bien connues de la Chine. Belles rencontres et paysages sublimes au coeur de la feerie en marchant jusqu'a Shi Tou Zhen, un vieux village de pierre perdu dans une vallee cachee et protegee par d'anciennes murailles encore tres peu frequentees si ce n'est par les agriculteurs locaux. Nous y etions en T Shirt par 28 degre, et deux jours apres, 2200 km de train plus loin, Beijing (Pekin) nous accueillera avec de la neige par moins cinq degre... Le choc fut rude!
C'est la que nous sommes pour le momment, chez de amis de ma cousine qui nous recoivent tres gentillement, ayant deja obtenus nos visas et tickets de train pour la Mongolie, et arpentes les cours et passages de la ville dans la ville, la cite interdite, les Hutongs et le Temple du Ciel...
Arrives a Jakarta, veritable incarnation du chaos, notre route est rapidement remontee vers le centre de l'ile de Sumatra, jusque Padang, apres deux jours et deux nuit de bus. De la quelques jours de repos pour se rehabituer au vrai voyage au bord du Lac Maninjau, situe au fond d'un ancien cratere volcanique. Passage, non loin de la, par Bukkitingi, devenue tres laide et peu touritique. Quittant une pluie battante et incessante, c'est dans un bus vraiment local et pourri pourri que nous sommes arrives une nuit apres aux bords du Lac Toba, immense lac volcanique magnifique. Ma zone preferee de l'Indonesie, ou, helas, Shangri La n'est plus...
Medan, l'afreuse, sera notre port de sortie, un lieu qui ne laisse pas la meilleure impression sur un pays qui souffre deja d'une chute collossale du tourisme. Il y a 12 ans, Sumatra etait en plein sur la piste touristique, aujourd'hui, a notre grand plaisir egoiste, il n'y aplus un chat...
Les mosquees poussent de partout, entre reveil a 4h30 et hurlement des chiens qui accompagnent le muezzin le soir, les sermons se font dans le negativisme le plus absolu... Bref un pays qui ne va pas bien.
Bref passage ensuite en Malaisie, ou nous avons arpente les rues de Georgetown sur l'ile de Penang, ancien joyau anglais ayant joliment conserve son architecture traditionelle. Lieu du melange interculturel par exellence, les habitants se disent et se montrent fier de la coexistance harmonieuse et de la tolerance entre les differents groupes ethniques et religieux. Hindoux, Musulmans (indiens et malais), Bouddhistes (chinois, thais et malais), Confucianistes et Taoistes, chretiens et autres sont tous bien representes et se melangent de facon interressante. Une ville qui a pau change, un modele pour l'avenir, avec, ne plus de delicieux restaurants indiens vraiment tres bon marche.
La Thaillande se resumera, helas, a Bangkok, ou nous passerons Noel et la Nouvelle annee avec mon pere et sa compagne. Bangkok a explose en 12 ans, mais le charme de voguer au gre de la riviere Chaopraya, en prenant simplement le ferry local, n'a pas diminue. Les temples etincellent peut etre encore de plus belle, malgre les troubles politiques recents et la fermeture longuette de l'aeroport, comme si les gens allaient y chercher plus de reconfort encore durant ces periodes tendues, contre moults dons... La Thaillande semble en avoir assez du tourisme, sa manne principale, car elle semble s'acharner a jouer soit les troubles fetes, soit a imposer de nouvelles regles genant plus l'honnete voyageur a petit budget que le gros porc plein de sous venu chercher le jeune sexe bon marche.
Si le Cambodge avait ete a l'image du passage de frontiere pour y rentre (c'est a dire la corruption la plus infecte possible, me forcant a payer, pour la premiere fois, "un supplement" de passage), nous l'aurions deteste. Par chance, le ravissement et l'enchantement d'un lieu comme la zone d'Angkor, avec ses ruines fabuleuse (et le mot est faible), parfois tres (voire trop) restauree, parfois encore perdues dans la vegetation, et la sympathie des gens malgre la ultra haite saison touristique, auront contribue, non seulement a rattraper cette image, mais aussi a nous dire qu'ici il nous faut revenir absolument... Pnom Pehn, fait l'effet d'une capitale de seconde, voire de troisieme zone, dont seulement un batiment perce pour l'instant l'horizon au dessus des toits, et celui-ci est encore en construction...
Passage au Vietnam en croisiere a travers le Delta du Mekong, ce fleuve gigantesque et veritable voie de communication naturelle jusqu'au coeur de l'Asie du Sud Est. Une semaine a Ho Chi Minh ville, anciennement et localement Saigon, surnommee a tres juste titre "Mobylette city" par Melanie, avec ses 5 millions de mobs kloxonnant a tout instant, ou nous avons eu le plaisir d'avoir la visite d'un ami proche. Visites rapides a Hoi An et Hue, dans l'ordre ancien village preserve mais ultra touristico-commercial, et ancienne capitale imperiale. Puis montee jusqu'a Hanoi, respects a l'Oncle Ho qui dort entoure d'un protocole impressionnant, balades en ville, et depart vers la baie d'Halong pour un tour en bateau qui, s'il fut joli, nous a montrer les cotes les moins chaleureux et les plus frustres des gens du coin... Rencontres malheureuses qui tacheront fortement notre image du pays, dont nous nous verrons contents de sortir... Si le Cambodge nous a donne envie de revenir lui rendre plus amplement justice, le Vietnam helas pas.
L'entree en Chine me fit l'effet d'une liberation apres cette triste experience, et nous avons joue de chance en attirant l'attention volontaire et frequente de sympathiques chinois, venus vers nous soit pour nous offrir leur aide soit pour nous offir la rencontre. Etape-parenthese a Hong Kong, chez mon pere, visites nombreuses d'une ville incroyable, veritable pont vers le futur (voire la science fiction), aux transports en communs exeptionnels (qui devraient nous servir de modele tant ils sont biens penses), et a la vivabilite surprenante pour une ville de cette taille (des passerelles pietonieres surelevees relient a de nombreux endroits les differents blocs de la ville, permettant aux passants un deplacement sur et eloigne du traffic). Le temps d'obtenir le cher et difficile visa russe et nous voila reparti en Republique Populaire...
Le train de Shenzen a Guilin en une nuit nous refamiliarisera avec le pays et les gens, etape bien utile pour rejoindre Yangshuo par nos propres moyens. Yanshuo, c'est ce village blotti au creux des pics et des montagnes chinoises de formes aroundies qui sont habituellement representees sur les peintures melancoliques et brumeuses bien connues de la Chine. Belles rencontres et paysages sublimes au coeur de la feerie en marchant jusqu'a Shi Tou Zhen, un vieux village de pierre perdu dans une vallee cachee et protegee par d'anciennes murailles encore tres peu frequentees si ce n'est par les agriculteurs locaux. Nous y etions en T Shirt par 28 degre, et deux jours apres, 2200 km de train plus loin, Beijing (Pekin) nous accueillera avec de la neige par moins cinq degre... Le choc fut rude!
C'est la que nous sommes pour le momment, chez de amis de ma cousine qui nous recoivent tres gentillement, ayant deja obtenus nos visas et tickets de train pour la Mongolie, et arpentes les cours et passages de la ville dans la ville, la cite interdite, les Hutongs et le Temple du Ciel...
Passage oblige, la Grande Muraille de Chine est une oeuvre a vous couper le souffle, sans doute le site qui m'a le plus impressionne jusqu'a present (foi d'archeologue), tant par sa taille, sa beaute, que par l'exploit realise de main d'hommes... Afin de mieux ressentir la muraille et l'atmosphere qui la baigne, nous avons opte, par une froide journee d'hivers, de parcourir sur son dos les 10 kilometres qui relie la splendide section de Jinshanling a celle, tres impressionante, de Simatai...
De Beijing, trente heures de train avec des vues sublimes nous ont ammene depuis la Chine vers l'interieur de la Mongolie, apres un passage frontiere avec ses douanieres en mini jupe de cuir, bas resilles et hautes bottes, et grande casquette a la sovietique, a Ulan Bator ou une bonne partie des hommes et des femmes s'habillent encore fierement de facon traditionelle et sortent pour le nouvel an mongol en bravant les moins trentes degres... Nous partons demain pour une expedition vers la Mongolie centrale, ses paysages de steppes recouvertes de neige et ses habitants nomades qui vivent en Ger (les yurtes).
Photos d'Indonesie, dans l'ordre:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Jakarta
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/DanauManinjau
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Bukkitingi
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/DanauToba
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Medan
Photos de Malaisie:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Penang
Photos de Thailande (Bangkok):
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Thailland
Photos du Cambodge (principalement de la zone archeologique d'Ankor), dans l'ordre:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/SiemReap
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/AngkorWat
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/PhnomBakeng
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/AngkorThom
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Bayon
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/PalaisRoyal
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Takeo
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Tanei
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/TaPhrom
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Thommanon
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/PreahKhan
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/NeakPoan
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/TaSom
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/EasternMebon
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/PreRup
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/BengMaelea
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/PhnomPenh
Photos du Vietnam, les premieres:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/DeltaDuMekong
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Saigon
De Beijing, trente heures de train avec des vues sublimes nous ont ammene depuis la Chine vers l'interieur de la Mongolie, apres un passage frontiere avec ses douanieres en mini jupe de cuir, bas resilles et hautes bottes, et grande casquette a la sovietique, a Ulan Bator ou une bonne partie des hommes et des femmes s'habillent encore fierement de facon traditionelle et sortent pour le nouvel an mongol en bravant les moins trentes degres... Nous partons demain pour une expedition vers la Mongolie centrale, ses paysages de steppes recouvertes de neige et ses habitants nomades qui vivent en Ger (les yurtes).
Photos d'Indonesie, dans l'ordre:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Jakarta
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/DanauManinjau
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Bukkitingi
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/DanauToba
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Medan
Photos de Malaisie:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Penang
Photos de Thailande (Bangkok):
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Thailland
Photos du Cambodge (principalement de la zone archeologique d'Ankor), dans l'ordre:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/SiemReap
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/AngkorWat
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/PhnomBakeng
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/AngkorThom
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http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/PalaisRoyal
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http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/PreahKhan
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http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/TaSom
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Photos du Vietnam, les premieres:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/DeltaDuMekong
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Saigon
mardi 13 janvier 2009
Familliale Australie
La Terra Australis nous accueille par un temps merveilleux. C'est avec un "pfffff" sonore et evident que le douanier, decouvrant que nous avons coche presque toutes les cases du formulaire, nous demandera d'aller directement sur une table pour y presenter ce que nous avons de si delicat. Le pays etant aussi stricte que la Nouvelle Zelande sur les risques de contamination agricole, et les amendes plus fortes encore, nous n'avons pas pris de risques. Il est pres de midi et demie, et l'hommene cessera d'examiner sa montre avant de nous expedier vite fait apres avoir confisque notre vieux lait en poudre peruvien, pour un peu il allait manquer son heure de table.
Andrew, un cousin que je n'ai jamais encore vu, s'est propose de nous heberger, nous devons nous retrouver dans la salle des pas perdus avec pour toute description qu'il est grand et avec des cheveux qui aurait bien besoin d'une coupe. L'attente commence, plutot incertaine dans une foule relative, cherchant ici et la un signe de reconnaissance tacite de la part d'un inconnu, lorsque mon attention tombe sur un grand type qui vient d'arriver. Instinctivement je me dirrige vers lui et lui lance un "Andrew?" interrogatif. Sa reponse sans equivoque, "Stuart! Welcome to Sydney", confirme que c'est dans le mille.
Traversant la ville dans sa vieille gimbarde, il nous ramene chez lui, un appartement dans le quartier de Mosman avec une vue imprenable sur le Sydney Harbour et sur les tours d'affaire du centre ville. A peine arrive, celui-ci nous annonce qu'il doit en fait partir trois ou quatre jour dans le nord, nous donne les clefs de son appart et de sa voiture et nous prie de faire comme chez nous apres quelques indications sur ou prendre le ferry pour aller en ville, puis il disparait avec un copain qui l'attendait. Ca c'est de l'accueil!
Par chance, le beau temps, inhabituel pour la saison, tient les quelques jours, improvises apres l'offre de l'appartement, que nous restons a Sydney. Vite familiers du trajet de ferry Mosman-Centre ville (circular quay), qui offre les vues cartes postales de la fameuse Maison de l'opera, point de repaire architecturalement bizzare, et sur le Pont du Havre, enorme enjambee de vieux fer qui fait la fierte des gens du coin, nous arpenterons un peu au hasard les avenues et parcs du centre, presque surpris de nous retrouver parmi tant d'occidentaux. Sydney est la plus grande ville du pays, qui aurait naturellement du en etre la capitale si ce n'etait les resistances jalouses des politiciens de Melbourne. C'est une ville agreablement chaotique et vraiment cosmopolite, carrefour de rencontre entre toutes les cultures s'y etant installees. Quelque soit ses origines, ses croyances ou ses points de vues philosophiques, on s'y affiche pleinement mais avec tolerance. Ce brassage inoui, au milieu des premiers vrais gratte ciels que nous voyons depuis New York, en font une veritable ville du 21 siecle, agrementee, pour couronner le tout, de belles plages toutes proches. Bon, soyons honnete quand meme, des incidents eclatent encore, parfois a cause d'instigations d'une extreme droite anglo saxonne montante, et certaines lignes de metro sont plutot deconseilles aux petites heures.
Photos de Sydney:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Sydney
Quelques heures de bus plus bas sur la cote, c'est mon oncle Michael et sa femme Liz qui nous ouvrent leurs portes pour une dizaine de jours. Situes dans une regions peu peuplee, economiquement en difficultes, mais avec une sur representation de pensionnes, ils y profitent pourtant pleinement d'une retraite anticipee, pour cause de reussite financiere, parmi les charmes que la nature offre la bas. Australiens culturellement pur souche, ils sont francs, directs (parfois a la limite de la rudesse), joyeux et bons buveurs jusqu'a en etre brayards, tres fier de leur pays sans neanmoins se laisser berner par certains politiciens, accueillants et pas snobs pour un sous malgre une grande maison et d'autres symboles de reussites. Bref, c'est un plaisir de les retrouver 11 ans plus tard, et de pouvoir poser nos sacs en toute quietude.
Une dizaine de journees passees en retrouvailles, a vider la reserve de biere brassee par les soins de mon oncle, a se faire engraisser comme des oies par ma tante (entre petits dejs collossaux et diner non moins legers), a decouvrir les plages de sables blanc et fin des alentours, ou l'arriere pays au volant de la Land Rover defender qui leur a servi a faire le tour d'Australie il y a quelques annees.
Pour Melanie c'est aussi la premiere rencontre avec le "bush" australien, expression utilisee pour tout espace sauvage, le plus souvent melange de terre seche plutot ocre et de grands eucalyptus odoriferants. Le bush a quelque chose de tres attirant pour tout australien, y partir camper librement (meme, voire surtout, lorsque ce n'est pas permis) semble etre une etape obligatoire pour la plupart d'entre eux, qui y retournent regulierement. En plus des chemins a peine carrossables empruntes par mon oncle pour parcourir les bois ou mettre son petit bateau a l'eau, nous decouvrirons aussi ce bush de l'interieur, par la riviere sur laquelle Mikel nous enmenera pecher par deux fois. Si les fruits de la peche ne furent jamais recoltes, c'est neanmoins un moyen tres agreable de penetrer au coeur de la nature, loin des routes et des lieux habites. Et lorsque vient le soir, lorsque tombe la lumiere, la nature s'eclaire de tons oranges et chauds, les feuilles des eucalyptus semblant se teindre de bleu et la faune chante ses odes melodieux.
Listons encore la rencontre improvisee par Michael et Liz des deux premiers kangourous de Melanie au milieu d'un camping tour proche, et une sortie en mer pour une peche tout aussi peu fructueuse avec Dereck, ami et ancien employe de mon oncle, qui nous fera bien rire en nous rappelant que le reglement de peche stipule que les especes protegees doivent etre delicatement et gentillement relachees a l'eau, ce qui inclut le grand requin blanc (qui peut depasser les 9 metres de long).
Ce sejour chez le frere cadet de mon pere c'est aussi le debut, pour moi, d'un voyage dans l'histoire familiale, entre vieux souvenirs et albums photos et visite de la derniere demeure du vivant de mes grands parents presqu'inconnus,a mes yeux.
Photos de Narrawallee:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Narrawallee
Laissant cette joyeuse paire, et leur confiant de nombreuses affaires en depot, notre chemin se poursuivra jusqu'a Melbourne, dans l'etat voisin du Victoria, ou nous arriverons par un temps froid et pluvieux. Quelques heures d'attente plus tard, nous avons un rendez-vous typiquement Melbournien avec Kate, une tres bonne amie rencontree en Chine et revue longuement ici meme lors de mon premier periple, en dessous des horloges du Hall de la station de train de Flinders street. Son fiance, Jason, et elle nous ont propose l'hebergement pour quelques jours, le temps de visiter la ville, de faire quelques amplettes australiennes, et d'arranger une location de voiture pour decourvir plus avant l'"Etat jardin" et ses tresors. Retrouver quelqu'un qui me fut proche jadis, 11 annees apres, est toujours une experience etrange, et le moins que l'on puisse dire c'est que beaucoup de differences se sont glissees entre nous. Le contact restera assez formel malgre leur grande gentillesse et leurs attentions touchantes.
Melbourne est une ville tres differente de Sydney. Ici tout est ordonne et polisse (a la maniere de la majorite des Melbourniens, qui sont generalement plus sophistiques que leurs homologues de Sydney), avec un plan en quadrilatere tres facile parmi lequel circulent de nombreux trams (dont certains gratuits), et les berges de la riviere voisine, la Yarra, bien domestiquees et transformee et promenade agreable et bourgeoise qu'agrementent de nombreux commerces, petits restos et bistrots, ainsi que quelques clubs d'aviron a l'anglaise. Un petit China town y offre une once de depaysement ainsi que de gros bols de nouilles pour peu de sous. Et le grand Victoria Market offre de tout a des prix defiants toute concurence, des legumes frais toute l'annee aux articles de sport en passant par les habituels souvenirs d'Australie que sont boomerangs et chapeaux. A une semaine d'intervale, nous y ferons l'acquisition chacuns d'une veste "a l'australienne", du meme type que celle qu'utilisent vachers et fermiers d'ici.
Photos de Melbourne:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Melbourne
Quittant momentanement nos deux amis, et apres une mesaventure navrante chez Hertz (qui pretexteront, a la vue de notre degaine de barroudeurs, que le permis international seul ne suffit plus, et qui se terminera dans une toute petite agence de location, moins chere au bout du compte) notre route ira jusqu'au Promontoire de Wilson, une presqu'ile transformee en parc naturel. Trois jours de marche sur les sentiers de randonnees, et deux nuits sous tente, nous en feront (re)decouvrir la splendeur en passant par les baies (grandes et petites) de Waterloo, immenses etandues de sable eclatant d'une finesse extreme, vierges de toute presence humaine permanente, coincees entre de hautes collines de rochers et d'eucalyptus melles, par la calenque des chasseurs de phoque, dont le nom ne correspond plus aux vues paradisiaques sur des eaux emeraudes et turquoises, par l'un ou l'autre sommets locaux perdus dans le bush parmi les gros lezards du coin, et par un long trajet, a present de passerelles, sur un marais forestier (ou l'on se faisait jadis abondament taxer par les sangsues). Le "Ruisseau des fees" et la "Selle eventee" sont deux autres passages enchanteurs que fouleront nos bottines... Les rencontres avec la faune y sont frequentes, entre les nombreux perroquets rouges et bleu, parfois verts, les mignons possums portant leurs bebes sur le dos qui viennent piller les tentes de nuit, un nuage de fourmis volantes tombant sur la tente comme une pluie, un couple d’emeu, un echidna, sorte de poc epic marsupial, et deux serpents bruns connus pour leur venins plutot mortel...
Mais point de wombats pour Melanie.
Photos du Wilson Promontory:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/WilsonPromontory
La tres celebre “Great Ocean Road” sera notre prochain segment de chemin. Comme son nom l’indique il s’agit d’une route longeant un troncon de cote superbe et impressionant. Presque deux cent cinquante kilometres de falaises enormes, responsables d’innombrables naufrages, de formations rocheuses aux formes presqu’aussi etrange que les noms qui leur furent donnes (12 apotres, razorback, London Bridge,…), de gorges profondes donnant sur des criques presqu’innaccessibles, et quelques plages splendides, qui, s’ils font aujourd’hui le bonheur des visiteurs, plongeaient litteralement les marins d’antan dans un etat de peur panique a cause d’une combinaison particulierement dangereuse de pieges naturels et de courants violents, et ce a moins d’un jour de l’arrivee. Pierres tombales et autres nombreux monuments commemoratifs temoignent a chaque arret de vaisseaux disparus et de victimes englouties corps et ames…
Pour une touche plus joyeuse, une quinzaine de koalas sauvages s’etaient donnes rendez-vous a notre passage, dont une mere portant son petit sur le dos, rassemblement exeptionel de ces petits marsupiaux au cri rauque.
Photos de la Great Ocean Road:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/GreatOceanRoad
Laissant derriere nous la grisaille cotiere, c’est vers l’interieur des terres et la lumiere du soleil que nous nous enfoncerons, jusqu’aux Grampians, une petite chaine de montagne qui surgit de la plaine telle un raz de marree petrifie, une arrête rocheuse jaillissant vers les cieux. Au coeur de celles-ci, nous poserons la tente, et passerons la soiree de mi-voyage (deja 6 mois) autour de notre premier veritable feu de camp sous les constellations du sud. La journee magnifique qui suivra laissera libre court a la randonnee, a la recontre de cascades, de chemins vertigineux sur les cretes ou en bord de falaise, de canyons etroits et mysterieux, jadis refuges des tribus aborigines locales, de forets d’eucalyptus montrant encore les stygmates de feux recents, pour finir par une autre nuit dans la nature apres un rendez vous reussi avec une vingtaine de Kangourou, dont certaines femelles portent leur “joey” dans la poche, sur la pelouse centrale de Hall’s Gap, le chef lieu.
Photos des Grampians:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Grampians
La suite des rejouissances australiennes se fera a Canberra, la capitale, rejointe en train après un dernier passage par Melbourne. Le train, de jour, est une des facons les plus agreables de voyager a travers les paysages australiens, a la fois bon marche (particulierement avec des cartes d’etudiants), confortable, et passant loin des routes et des agglomerations. Cette fois c’est Michele, une amie d’ami, et ses enfants, qui partageront avec nous la maison familliale dans les faubourg de la plus etrange capitale que je connaisse. Ville artificielle decidee et dessinee dans les annees trente en reponse au conflit opposant Melbourne a Sydney, elle a ce cote agreable d’une ville eparpillee ou il n’y a pas grand chose de vraiment interessant a voir. Les quartiers sont eloignes les uns des autres, mal desservis par des transports en communs peu frequents et couteux, mais en contrepartie la nature est omnipresente avec de nombreux morceaux de bush, regorgeant de kangourous (nous en compterons jusqu’a 65 en une fois!), qui separent les differents faubourgs et promettent des ballades merveilleuses et tres accessibles.
En fait, ce sont plutot les alentours de la capitale qui valent le deplacement. Des parcs naturels de toute beaute, qui ont preserve des les premieres heures de la capitale des terres encore peu domestiquees, permettent aux rares visiteurs de gouter facilement la sensation grisante des premiers explorateurs du continent decouvrant ces vastes plaines remplies de kangourou et autres wallabies, encerclees de montagnes et de falaises sur lesquelles croissent eucalyptus et gum trees A cote de l’un de ces parcs, au fond d’une vallee isolee, on tombe nez a nez avec de gigantesques antennes paraboliques, symboles d’un autre age de la participation australienne dans la conquete de la Lune.
Photos de Canberra:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Canberra
De Canberra nous retrouverons Sydney, chez Daniele, une autre cousine, fille de Michael, cette fois, avant de repartir en train vers le Nord de l’Etat du New South Wales, pour retrouver mon Oncle David qui vit a 10 heures de la. David, frere aine de mon pere et pere d’Andrew, son epouse Ursula, et leur fille, ma cousine Ulani, vivent a quelques encablures australiennes (ils font 20 km comme nous en faisons 2) de Byron Bay, une region connues comme etant le paradis des surfers avec ses plages de sable fin litteralement desertes qui s’etendent sur des kilometres (voires de dizaines de kilometres), mais dont il serait imbecile d’ignorer aussi l’arriere pays compose des montagnes de la “Great Dividing Range”, ligne de partage des eaux..
Photos de Sydney:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Sydney2
David et sa famille son plutot du style anciens Hippies New Age sur le retour. D’une tolerance et d’une nonchalance presque a toute epreuve, c’est pourtant avec eux que nous nous rejouirons de la victoire d’Obama a la presidence du pays le plus puissant du globe, apres avoir visite l’Ecole Steiner d’Ulani et tout en degustant des mets vegetarians concoctes par Ursula. Quelques jours de discussions (et parfois de desaccords) philosophiques de haut vol, de promenades sur les plages ou une randonnee sur le Mont Warning, avec un passage memorable a Nimbin, la capitale australienne du hashish aux batiments peints de motifs hippies dans des couleurs psychedeliques. N’oublions pas les vagues de Byron bay, au creux desquelles se sont reveles a nous, l’espace de quelques instants, quatre dauphins sautants et virevoltants… Une reunion de famille, organisee au pied leve par David, me fera recontrer plus de cousins germains que je n’en avais vu d’un seul coup auparavant, et passera le relais familial a Janice, la soeur ainee de mon pere.
Photos de Byron bay et environs:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/ByronBay
Sans faire de chichi, Janice me jettera les clefs de sa voiture afin que je nous conduise chez elle, pres de 400 kilometres au sud. Mere de sept enfants, mes cousins, de nombreuses fois grand mere, et meme deja arriere grand mere, elle nous accueillera chez elle a Yamba, entre la plage et les champs de cannes a sucre. Quelques jours a vivre la vie paisible et a gouter l’exellente cuisine de la doyenne de ma famille, qui en bonne gardienne du savoir familial repondra gentillement aux innombrables questions genealogiques pour lesquelles mes deux oncles m’avaient renvoye vers elle.
Yamba n’est pas vraiment un lieu de grand interet, deux jolies plages separees par un phare a la Eliot le dragon, un petit village avec sa marina, et des activites communautaires comme un festival de voiture allant des ancetres aux horribles bolides tunes…
Photos de Yamba:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Yamba
Pres de deux mois se sont deja ecoules lorsque nous retrouverons Michael et Liz, beaucoup plus au sud. Le temps de refaire nos sacs avec ce que nous avions laisse chez eux en depot, de retenter sans success notre chance a la peche, de gravir, quand meme, la Pigeon House Mountain qui offre des vues somptueuses sur un parc national meconnu mais digne du Grand Canyon, et nous serons deja vite repartis de ce pays magique a mes yeux qu’est l’Australie…
Photos de Milton:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Milton
L’Australie exerce toujours, et sans doute plus que jamais, un atrait enorme sur ma personne. Au premier abord, et par bien des aspects, c’est un pays de cocagne, la terre du miel et du lait. Une nature bien presente et de gigantesques espaces sauvages sur un territoire tres riche en resources naturelles et paraissant sans limites, que se partagent un peu moins de vingt millions d’habitants. Une securite sociale forte, un systeme de sante publique tres developpe, un taux d’emploi relativement eleve, des politiques prenant a bras le corps un certain nombre de themes, comme la securite au travail et la mise en place de sources d’energie alternative, et, dans les grandes villes, des transports en communs sur lesquels nous devrions prendre exemple, ne sont que quelques unes des autres qualites d’un pays qui ne jure que par les produits “made in Australia”, sans parler d’un ensoleillement presque permanent ni de la proximite presque constante de plages de reves…
Pourtant l’Autralie connait et a connu dernierement des moments difficiles.
La plupart des etats, et particulierement celui du Victoria, connaissent une secheresse recurente depuis pres de dix ans. Des organismes infiltres par des interets agricoles gerent egoistement les resources aquatiques d’une partie du pays, bloquant toute tentative de mettre en place les neccessaires mesures draconiennes. Et, alors que l’eau ne se fait que plus rare, les incendies ravagent les pays avec une intensite qui ne cesse de croitre, sterilisant des forets entieres et decimant animaux et essences vegetales au passage. Les koalas, pieges aux sommets de leurs arbres en sont souvent les premieres victimes…
Relie ou non a cette problematique, la couche d’ozone ne cesse de se faire plus mince au dessus de la tete des australiens, et les cancers fleurissent comme jamais.
Les droits des travailleurs ont ete fortement revus a la baisse par le gouvernement precedent, dirrige par l’imbecile John Howard, le caniche de George Bush, qui a mene avec tant d’arrogance une politique ultra neo-liberale a l’americaine que lorsqu’est venu le temps des elections, les autraliens ne l’ont meme pas reelu comme depute (et ce alors qu’il etait premier minister sortant et tete de liste de surcroit). L’homme qui a ose dire qu’Obama etait le candidat de choix d’Al Quaeda et qui disait fierement qu’il n’etait pas desole pour les traitements infliges historiquement aux aborigines a reussi le coup de force de se faire detester par la majorite des citoyens, eccoeures de cette image pro George Bushienne qu’il voulait imposer.
Depuis, les travaillistes sont revenues au pouvoir, et Kevin Rudd, le nouveau “Premier” a fait, parmi ses premiers gestes, le pas historique et symbolique d’offrir des escuses nationales et officielles aux aborigines de la part du gouvernement australien. Il oeuvrerait a present pour faire marche arriere sur un certain nombre de mesures prises par son incapable predecesseur.
L’Australie conduit toujours a gauche mais est passee au systeme metrique. Dans cet ordre d’idee, les australiens reussiront-ils a se conscientiser suffisament rapidement quand a l’urgence de leur probleme d’eau? La plupart avait l’air de penser que ce probleme ne les concernait pas vraiment…
L’Australie a encore enormement a offrir et avec un peu de volonte politique et citoyenne ils pourraient resoudre assez rapidement leurs problemes. Nous n’avons fait qu’en effleurer la surface, le nord, le centre et l’Ouest nous deumerent inconnus. Je suis prêt a y retourner....
Andrew, un cousin que je n'ai jamais encore vu, s'est propose de nous heberger, nous devons nous retrouver dans la salle des pas perdus avec pour toute description qu'il est grand et avec des cheveux qui aurait bien besoin d'une coupe. L'attente commence, plutot incertaine dans une foule relative, cherchant ici et la un signe de reconnaissance tacite de la part d'un inconnu, lorsque mon attention tombe sur un grand type qui vient d'arriver. Instinctivement je me dirrige vers lui et lui lance un "Andrew?" interrogatif. Sa reponse sans equivoque, "Stuart! Welcome to Sydney", confirme que c'est dans le mille.
Traversant la ville dans sa vieille gimbarde, il nous ramene chez lui, un appartement dans le quartier de Mosman avec une vue imprenable sur le Sydney Harbour et sur les tours d'affaire du centre ville. A peine arrive, celui-ci nous annonce qu'il doit en fait partir trois ou quatre jour dans le nord, nous donne les clefs de son appart et de sa voiture et nous prie de faire comme chez nous apres quelques indications sur ou prendre le ferry pour aller en ville, puis il disparait avec un copain qui l'attendait. Ca c'est de l'accueil!
Par chance, le beau temps, inhabituel pour la saison, tient les quelques jours, improvises apres l'offre de l'appartement, que nous restons a Sydney. Vite familiers du trajet de ferry Mosman-Centre ville (circular quay), qui offre les vues cartes postales de la fameuse Maison de l'opera, point de repaire architecturalement bizzare, et sur le Pont du Havre, enorme enjambee de vieux fer qui fait la fierte des gens du coin, nous arpenterons un peu au hasard les avenues et parcs du centre, presque surpris de nous retrouver parmi tant d'occidentaux. Sydney est la plus grande ville du pays, qui aurait naturellement du en etre la capitale si ce n'etait les resistances jalouses des politiciens de Melbourne. C'est une ville agreablement chaotique et vraiment cosmopolite, carrefour de rencontre entre toutes les cultures s'y etant installees. Quelque soit ses origines, ses croyances ou ses points de vues philosophiques, on s'y affiche pleinement mais avec tolerance. Ce brassage inoui, au milieu des premiers vrais gratte ciels que nous voyons depuis New York, en font une veritable ville du 21 siecle, agrementee, pour couronner le tout, de belles plages toutes proches. Bon, soyons honnete quand meme, des incidents eclatent encore, parfois a cause d'instigations d'une extreme droite anglo saxonne montante, et certaines lignes de metro sont plutot deconseilles aux petites heures.
Photos de Sydney:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Sydney
Quelques heures de bus plus bas sur la cote, c'est mon oncle Michael et sa femme Liz qui nous ouvrent leurs portes pour une dizaine de jours. Situes dans une regions peu peuplee, economiquement en difficultes, mais avec une sur representation de pensionnes, ils y profitent pourtant pleinement d'une retraite anticipee, pour cause de reussite financiere, parmi les charmes que la nature offre la bas. Australiens culturellement pur souche, ils sont francs, directs (parfois a la limite de la rudesse), joyeux et bons buveurs jusqu'a en etre brayards, tres fier de leur pays sans neanmoins se laisser berner par certains politiciens, accueillants et pas snobs pour un sous malgre une grande maison et d'autres symboles de reussites. Bref, c'est un plaisir de les retrouver 11 ans plus tard, et de pouvoir poser nos sacs en toute quietude.
Une dizaine de journees passees en retrouvailles, a vider la reserve de biere brassee par les soins de mon oncle, a se faire engraisser comme des oies par ma tante (entre petits dejs collossaux et diner non moins legers), a decouvrir les plages de sables blanc et fin des alentours, ou l'arriere pays au volant de la Land Rover defender qui leur a servi a faire le tour d'Australie il y a quelques annees.
Pour Melanie c'est aussi la premiere rencontre avec le "bush" australien, expression utilisee pour tout espace sauvage, le plus souvent melange de terre seche plutot ocre et de grands eucalyptus odoriferants. Le bush a quelque chose de tres attirant pour tout australien, y partir camper librement (meme, voire surtout, lorsque ce n'est pas permis) semble etre une etape obligatoire pour la plupart d'entre eux, qui y retournent regulierement. En plus des chemins a peine carrossables empruntes par mon oncle pour parcourir les bois ou mettre son petit bateau a l'eau, nous decouvrirons aussi ce bush de l'interieur, par la riviere sur laquelle Mikel nous enmenera pecher par deux fois. Si les fruits de la peche ne furent jamais recoltes, c'est neanmoins un moyen tres agreable de penetrer au coeur de la nature, loin des routes et des lieux habites. Et lorsque vient le soir, lorsque tombe la lumiere, la nature s'eclaire de tons oranges et chauds, les feuilles des eucalyptus semblant se teindre de bleu et la faune chante ses odes melodieux.
Listons encore la rencontre improvisee par Michael et Liz des deux premiers kangourous de Melanie au milieu d'un camping tour proche, et une sortie en mer pour une peche tout aussi peu fructueuse avec Dereck, ami et ancien employe de mon oncle, qui nous fera bien rire en nous rappelant que le reglement de peche stipule que les especes protegees doivent etre delicatement et gentillement relachees a l'eau, ce qui inclut le grand requin blanc (qui peut depasser les 9 metres de long).
Ce sejour chez le frere cadet de mon pere c'est aussi le debut, pour moi, d'un voyage dans l'histoire familiale, entre vieux souvenirs et albums photos et visite de la derniere demeure du vivant de mes grands parents presqu'inconnus,a mes yeux.
Photos de Narrawallee:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Narrawallee
Laissant cette joyeuse paire, et leur confiant de nombreuses affaires en depot, notre chemin se poursuivra jusqu'a Melbourne, dans l'etat voisin du Victoria, ou nous arriverons par un temps froid et pluvieux. Quelques heures d'attente plus tard, nous avons un rendez-vous typiquement Melbournien avec Kate, une tres bonne amie rencontree en Chine et revue longuement ici meme lors de mon premier periple, en dessous des horloges du Hall de la station de train de Flinders street. Son fiance, Jason, et elle nous ont propose l'hebergement pour quelques jours, le temps de visiter la ville, de faire quelques amplettes australiennes, et d'arranger une location de voiture pour decourvir plus avant l'"Etat jardin" et ses tresors. Retrouver quelqu'un qui me fut proche jadis, 11 annees apres, est toujours une experience etrange, et le moins que l'on puisse dire c'est que beaucoup de differences se sont glissees entre nous. Le contact restera assez formel malgre leur grande gentillesse et leurs attentions touchantes.
Melbourne est une ville tres differente de Sydney. Ici tout est ordonne et polisse (a la maniere de la majorite des Melbourniens, qui sont generalement plus sophistiques que leurs homologues de Sydney), avec un plan en quadrilatere tres facile parmi lequel circulent de nombreux trams (dont certains gratuits), et les berges de la riviere voisine, la Yarra, bien domestiquees et transformee et promenade agreable et bourgeoise qu'agrementent de nombreux commerces, petits restos et bistrots, ainsi que quelques clubs d'aviron a l'anglaise. Un petit China town y offre une once de depaysement ainsi que de gros bols de nouilles pour peu de sous. Et le grand Victoria Market offre de tout a des prix defiants toute concurence, des legumes frais toute l'annee aux articles de sport en passant par les habituels souvenirs d'Australie que sont boomerangs et chapeaux. A une semaine d'intervale, nous y ferons l'acquisition chacuns d'une veste "a l'australienne", du meme type que celle qu'utilisent vachers et fermiers d'ici.
Photos de Melbourne:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Melbourne
Quittant momentanement nos deux amis, et apres une mesaventure navrante chez Hertz (qui pretexteront, a la vue de notre degaine de barroudeurs, que le permis international seul ne suffit plus, et qui se terminera dans une toute petite agence de location, moins chere au bout du compte) notre route ira jusqu'au Promontoire de Wilson, une presqu'ile transformee en parc naturel. Trois jours de marche sur les sentiers de randonnees, et deux nuits sous tente, nous en feront (re)decouvrir la splendeur en passant par les baies (grandes et petites) de Waterloo, immenses etandues de sable eclatant d'une finesse extreme, vierges de toute presence humaine permanente, coincees entre de hautes collines de rochers et d'eucalyptus melles, par la calenque des chasseurs de phoque, dont le nom ne correspond plus aux vues paradisiaques sur des eaux emeraudes et turquoises, par l'un ou l'autre sommets locaux perdus dans le bush parmi les gros lezards du coin, et par un long trajet, a present de passerelles, sur un marais forestier (ou l'on se faisait jadis abondament taxer par les sangsues). Le "Ruisseau des fees" et la "Selle eventee" sont deux autres passages enchanteurs que fouleront nos bottines... Les rencontres avec la faune y sont frequentes, entre les nombreux perroquets rouges et bleu, parfois verts, les mignons possums portant leurs bebes sur le dos qui viennent piller les tentes de nuit, un nuage de fourmis volantes tombant sur la tente comme une pluie, un couple d’emeu, un echidna, sorte de poc epic marsupial, et deux serpents bruns connus pour leur venins plutot mortel...
Mais point de wombats pour Melanie.
Photos du Wilson Promontory:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/WilsonPromontory
La tres celebre “Great Ocean Road” sera notre prochain segment de chemin. Comme son nom l’indique il s’agit d’une route longeant un troncon de cote superbe et impressionant. Presque deux cent cinquante kilometres de falaises enormes, responsables d’innombrables naufrages, de formations rocheuses aux formes presqu’aussi etrange que les noms qui leur furent donnes (12 apotres, razorback, London Bridge,…), de gorges profondes donnant sur des criques presqu’innaccessibles, et quelques plages splendides, qui, s’ils font aujourd’hui le bonheur des visiteurs, plongeaient litteralement les marins d’antan dans un etat de peur panique a cause d’une combinaison particulierement dangereuse de pieges naturels et de courants violents, et ce a moins d’un jour de l’arrivee. Pierres tombales et autres nombreux monuments commemoratifs temoignent a chaque arret de vaisseaux disparus et de victimes englouties corps et ames…
Pour une touche plus joyeuse, une quinzaine de koalas sauvages s’etaient donnes rendez-vous a notre passage, dont une mere portant son petit sur le dos, rassemblement exeptionel de ces petits marsupiaux au cri rauque.
Photos de la Great Ocean Road:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/GreatOceanRoad
Laissant derriere nous la grisaille cotiere, c’est vers l’interieur des terres et la lumiere du soleil que nous nous enfoncerons, jusqu’aux Grampians, une petite chaine de montagne qui surgit de la plaine telle un raz de marree petrifie, une arrête rocheuse jaillissant vers les cieux. Au coeur de celles-ci, nous poserons la tente, et passerons la soiree de mi-voyage (deja 6 mois) autour de notre premier veritable feu de camp sous les constellations du sud. La journee magnifique qui suivra laissera libre court a la randonnee, a la recontre de cascades, de chemins vertigineux sur les cretes ou en bord de falaise, de canyons etroits et mysterieux, jadis refuges des tribus aborigines locales, de forets d’eucalyptus montrant encore les stygmates de feux recents, pour finir par une autre nuit dans la nature apres un rendez vous reussi avec une vingtaine de Kangourou, dont certaines femelles portent leur “joey” dans la poche, sur la pelouse centrale de Hall’s Gap, le chef lieu.
Photos des Grampians:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Grampians
La suite des rejouissances australiennes se fera a Canberra, la capitale, rejointe en train après un dernier passage par Melbourne. Le train, de jour, est une des facons les plus agreables de voyager a travers les paysages australiens, a la fois bon marche (particulierement avec des cartes d’etudiants), confortable, et passant loin des routes et des agglomerations. Cette fois c’est Michele, une amie d’ami, et ses enfants, qui partageront avec nous la maison familliale dans les faubourg de la plus etrange capitale que je connaisse. Ville artificielle decidee et dessinee dans les annees trente en reponse au conflit opposant Melbourne a Sydney, elle a ce cote agreable d’une ville eparpillee ou il n’y a pas grand chose de vraiment interessant a voir. Les quartiers sont eloignes les uns des autres, mal desservis par des transports en communs peu frequents et couteux, mais en contrepartie la nature est omnipresente avec de nombreux morceaux de bush, regorgeant de kangourous (nous en compterons jusqu’a 65 en une fois!), qui separent les differents faubourgs et promettent des ballades merveilleuses et tres accessibles.
En fait, ce sont plutot les alentours de la capitale qui valent le deplacement. Des parcs naturels de toute beaute, qui ont preserve des les premieres heures de la capitale des terres encore peu domestiquees, permettent aux rares visiteurs de gouter facilement la sensation grisante des premiers explorateurs du continent decouvrant ces vastes plaines remplies de kangourou et autres wallabies, encerclees de montagnes et de falaises sur lesquelles croissent eucalyptus et gum trees A cote de l’un de ces parcs, au fond d’une vallee isolee, on tombe nez a nez avec de gigantesques antennes paraboliques, symboles d’un autre age de la participation australienne dans la conquete de la Lune.
Photos de Canberra:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Canberra
De Canberra nous retrouverons Sydney, chez Daniele, une autre cousine, fille de Michael, cette fois, avant de repartir en train vers le Nord de l’Etat du New South Wales, pour retrouver mon Oncle David qui vit a 10 heures de la. David, frere aine de mon pere et pere d’Andrew, son epouse Ursula, et leur fille, ma cousine Ulani, vivent a quelques encablures australiennes (ils font 20 km comme nous en faisons 2) de Byron Bay, une region connues comme etant le paradis des surfers avec ses plages de sable fin litteralement desertes qui s’etendent sur des kilometres (voires de dizaines de kilometres), mais dont il serait imbecile d’ignorer aussi l’arriere pays compose des montagnes de la “Great Dividing Range”, ligne de partage des eaux..
Photos de Sydney:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Sydney2
David et sa famille son plutot du style anciens Hippies New Age sur le retour. D’une tolerance et d’une nonchalance presque a toute epreuve, c’est pourtant avec eux que nous nous rejouirons de la victoire d’Obama a la presidence du pays le plus puissant du globe, apres avoir visite l’Ecole Steiner d’Ulani et tout en degustant des mets vegetarians concoctes par Ursula. Quelques jours de discussions (et parfois de desaccords) philosophiques de haut vol, de promenades sur les plages ou une randonnee sur le Mont Warning, avec un passage memorable a Nimbin, la capitale australienne du hashish aux batiments peints de motifs hippies dans des couleurs psychedeliques. N’oublions pas les vagues de Byron bay, au creux desquelles se sont reveles a nous, l’espace de quelques instants, quatre dauphins sautants et virevoltants… Une reunion de famille, organisee au pied leve par David, me fera recontrer plus de cousins germains que je n’en avais vu d’un seul coup auparavant, et passera le relais familial a Janice, la soeur ainee de mon pere.
Photos de Byron bay et environs:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/ByronBay
Sans faire de chichi, Janice me jettera les clefs de sa voiture afin que je nous conduise chez elle, pres de 400 kilometres au sud. Mere de sept enfants, mes cousins, de nombreuses fois grand mere, et meme deja arriere grand mere, elle nous accueillera chez elle a Yamba, entre la plage et les champs de cannes a sucre. Quelques jours a vivre la vie paisible et a gouter l’exellente cuisine de la doyenne de ma famille, qui en bonne gardienne du savoir familial repondra gentillement aux innombrables questions genealogiques pour lesquelles mes deux oncles m’avaient renvoye vers elle.
Yamba n’est pas vraiment un lieu de grand interet, deux jolies plages separees par un phare a la Eliot le dragon, un petit village avec sa marina, et des activites communautaires comme un festival de voiture allant des ancetres aux horribles bolides tunes…
Photos de Yamba:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Yamba
Pres de deux mois se sont deja ecoules lorsque nous retrouverons Michael et Liz, beaucoup plus au sud. Le temps de refaire nos sacs avec ce que nous avions laisse chez eux en depot, de retenter sans success notre chance a la peche, de gravir, quand meme, la Pigeon House Mountain qui offre des vues somptueuses sur un parc national meconnu mais digne du Grand Canyon, et nous serons deja vite repartis de ce pays magique a mes yeux qu’est l’Australie…
Photos de Milton:
http://picasaweb.google.com/stuart.wrathall/Milton
L’Australie exerce toujours, et sans doute plus que jamais, un atrait enorme sur ma personne. Au premier abord, et par bien des aspects, c’est un pays de cocagne, la terre du miel et du lait. Une nature bien presente et de gigantesques espaces sauvages sur un territoire tres riche en resources naturelles et paraissant sans limites, que se partagent un peu moins de vingt millions d’habitants. Une securite sociale forte, un systeme de sante publique tres developpe, un taux d’emploi relativement eleve, des politiques prenant a bras le corps un certain nombre de themes, comme la securite au travail et la mise en place de sources d’energie alternative, et, dans les grandes villes, des transports en communs sur lesquels nous devrions prendre exemple, ne sont que quelques unes des autres qualites d’un pays qui ne jure que par les produits “made in Australia”, sans parler d’un ensoleillement presque permanent ni de la proximite presque constante de plages de reves…
Pourtant l’Autralie connait et a connu dernierement des moments difficiles.
La plupart des etats, et particulierement celui du Victoria, connaissent une secheresse recurente depuis pres de dix ans. Des organismes infiltres par des interets agricoles gerent egoistement les resources aquatiques d’une partie du pays, bloquant toute tentative de mettre en place les neccessaires mesures draconiennes. Et, alors que l’eau ne se fait que plus rare, les incendies ravagent les pays avec une intensite qui ne cesse de croitre, sterilisant des forets entieres et decimant animaux et essences vegetales au passage. Les koalas, pieges aux sommets de leurs arbres en sont souvent les premieres victimes…
Relie ou non a cette problematique, la couche d’ozone ne cesse de se faire plus mince au dessus de la tete des australiens, et les cancers fleurissent comme jamais.
Les droits des travailleurs ont ete fortement revus a la baisse par le gouvernement precedent, dirrige par l’imbecile John Howard, le caniche de George Bush, qui a mene avec tant d’arrogance une politique ultra neo-liberale a l’americaine que lorsqu’est venu le temps des elections, les autraliens ne l’ont meme pas reelu comme depute (et ce alors qu’il etait premier minister sortant et tete de liste de surcroit). L’homme qui a ose dire qu’Obama etait le candidat de choix d’Al Quaeda et qui disait fierement qu’il n’etait pas desole pour les traitements infliges historiquement aux aborigines a reussi le coup de force de se faire detester par la majorite des citoyens, eccoeures de cette image pro George Bushienne qu’il voulait imposer.
Depuis, les travaillistes sont revenues au pouvoir, et Kevin Rudd, le nouveau “Premier” a fait, parmi ses premiers gestes, le pas historique et symbolique d’offrir des escuses nationales et officielles aux aborigines de la part du gouvernement australien. Il oeuvrerait a present pour faire marche arriere sur un certain nombre de mesures prises par son incapable predecesseur.
L’Australie conduit toujours a gauche mais est passee au systeme metrique. Dans cet ordre d’idee, les australiens reussiront-ils a se conscientiser suffisament rapidement quand a l’urgence de leur probleme d’eau? La plupart avait l’air de penser que ce probleme ne les concernait pas vraiment…
L’Australie a encore enormement a offrir et avec un peu de volonte politique et citoyenne ils pourraient resoudre assez rapidement leurs problemes. Nous n’avons fait qu’en effleurer la surface, le nord, le centre et l’Ouest nous deumerent inconnus. Je suis prêt a y retourner....
mardi 6 janvier 2009
Merveilleuse Nouvelle Zelande
Lac Nelson, joyaux au milieu d'un ecrin de montagnes enneigeesEn plus d’être retournés 24 heures en arrière dans le temps, en franchissant la ligne de partage du jour, qui permis a un certain Phileas Fogg de gagner son tour du monde en 80 jours (mais il allait dans l’autre sens, lui), il pleut et il fait froid lorsque nous arrivons à Auckland en Nouvelle Zélande. Comme s’il fallait nous indiquer que « Tahiti, c’est fini »…
Pourtant l’accueil des douaniers sera sympathique et professionnel, très soucieux ce préserver un maximum leur pays des maladies agricoles, nous nous faisons d’abord renifler par un comique basset, et sa douanière, avant de devoir confier bottines de marche et tente pour un nettoyage désinfectant. Tout est fait et demandé avec le sourire et la gentillesse. Un monde de différence avec les agents des douanes de notre vieille Europe.
Auckland se résumera à une bonne chambre (pour rappel, nous avons passé la dernière nuit dans l’aéroport de Papeete), et à la location d’un minivan, surnommé « Chopper », pour la somme dérisoire de 12euros par jours, ferry entre les deux îles compris. Nous quitterons vite la ville au volant de ce gage de liberté polluant pour nous enfoncer dans la campagne de l’Ile du Nord.
Pourtant l’accueil des douaniers sera sympathique et professionnel, très soucieux ce préserver un maximum leur pays des maladies agricoles, nous nous faisons d’abord renifler par un comique basset, et sa douanière, avant de devoir confier bottines de marche et tente pour un nettoyage désinfectant. Tout est fait et demandé avec le sourire et la gentillesse. Un monde de différence avec les agents des douanes de notre vieille Europe.
Auckland se résumera à une bonne chambre (pour rappel, nous avons passé la dernière nuit dans l’aéroport de Papeete), et à la location d’un minivan, surnommé « Chopper », pour la somme dérisoire de 12euros par jours, ferry entre les deux îles compris. Nous quitterons vite la ville au volant de ce gage de liberté polluant pour nous enfoncer dans la campagne de l’Ile du Nord.
Photos d'Auckland:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/Auckland
La première journée passe à travers une région de collines vertes et ondulantes, toutes tachetées de petits flocons blancs, innombrables moutons, qu’aiguaye plus encore quelques vieux grands arbres ci et là, si joliment filmée par Peter Jackson pour représenter la Conté dans les films du « Lord of the Rings ». Ces films et les images qui y sont associées nous accompagnerons tout au long de notre périple en Terre du Milieu, autre nom de la Nouvelle Zélande depuis leurs sorties dans les salles. Une aire d’arrêt bien proprette en bordure d’une gorge impressionnante, la Karangahake Gorge, d’où furent extraites jadis de grandes quantités d’or, nous servira de première étape pour la nuit.
La première journée passe à travers une région de collines vertes et ondulantes, toutes tachetées de petits flocons blancs, innombrables moutons, qu’aiguaye plus encore quelques vieux grands arbres ci et là, si joliment filmée par Peter Jackson pour représenter la Conté dans les films du « Lord of the Rings ». Ces films et les images qui y sont associées nous accompagnerons tout au long de notre périple en Terre du Milieu, autre nom de la Nouvelle Zélande depuis leurs sorties dans les salles. Une aire d’arrêt bien proprette en bordure d’une gorge impressionnante, la Karangahake Gorge, d’où furent extraites jadis de grandes quantités d’or, nous servira de première étape pour la nuit.
Photos de la Conté:
Photos de la Gorge de Karangahake:
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Reprenant la rivière de bitume après quelques explorations des anciennes galeries minières, nous chemineront jusqu’au Mont Manganui, grand volcan situé sur sa propre presqu’ile en bordure d’une mer semblant faite pour les surfeurs tant les vagues y sont parfaites et régulières (on nous confiera plus tard que ce fut le cas, mais de main d’homme). Fin de journée aux alentours de Rotorua à chercher un endroit discret pour poser le van pour la nuit, qui nous sera offert sous la forme d’un point de vue, sans vue, entre le « lac vert » et le « lac bleu ».
Photos de Tauranga et Manganui:
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Six heures du matin, un homme frappe au carreau et nous nous faisons jeter du lieu… « On commence à tronçonner dans 15 minutes ! » nous dira-t-il.
Passant par une zone puant l’œuf pourri, riche en geysers et autres sources thermales, d’origine volcanique, entre hautes collines boisées de sapins, en plein cœur du territoire Maori, nous avalerons les kilomètres le long du grand lac Taupo jusqu'à l’entrée du parc national Tongariro. Parc connu pour sa marche « Tongariro crossing », une randonnée extrême de huit à neuf heures passant par-dessus, et entre, d’immenses volcans pelés, que nous espérons entreprendre le lendemain. C’est au bout d’un chemin de gravier de sept kilomètres, au début de la piste que nous nous arrêterons pour la nuit, seuls dans un paysage désolé et battu par les vents, recouvert de mousses et de lichens rouges et jaunes.
Six heures du matin, un homme frappe au carreau et nous nous faisons jeter du lieu… « On commence à tronçonner dans 15 minutes ! » nous dira-t-il.
Passant par une zone puant l’œuf pourri, riche en geysers et autres sources thermales, d’origine volcanique, entre hautes collines boisées de sapins, en plein cœur du territoire Maori, nous avalerons les kilomètres le long du grand lac Taupo jusqu'à l’entrée du parc national Tongariro. Parc connu pour sa marche « Tongariro crossing », une randonnée extrême de huit à neuf heures passant par-dessus, et entre, d’immenses volcans pelés, que nous espérons entreprendre le lendemain. C’est au bout d’un chemin de gravier de sept kilomètres, au début de la piste que nous nous arrêterons pour la nuit, seuls dans un paysage désolé et battu par les vents, recouvert de mousses et de lichens rouges et jaunes.
Photos de Roturoa et du Lac Taupo:
Nos premiers pas de la journée seront perdus dans un brouillard dense, hélas très vite remplacé par une pluie battante. Apres une heure de ce traitement, trempés jusqu’aux os, nous décidons d’arrêter les frais ; inutile de se faire rincer huit heures durant en ne voyant rien de ces lieux (utilisés pour imager le Mordor dans les films)… Une corde à linge vite placée à l’arrière du van, et nous repartons vers le sud, non sans nous être arrêtés au bout des pistes de skis (sur volcan en activité) pour toucher la neige. Dernière nuit sur l’ile du nord dans un camping gratuit (douche froide et tout le non confort possible…) situé entre les falaises qui bordent une rivière encaissée, (aussi connue sous le nom d’Anduin pour les fans).
Photos de Tongariro Ntl Park:
Photos de la riviere Anduin (Rangitikei River):
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/RangitikeiRiver
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Laissant l’ile du Nord, trop vite expédiée, derrière nous, après une brève visite à Wellington, la capitale, nous embarquerons sur le ferry vers Picton sur l’Ile du Sud, à laquelle nous espérons rendre un peu plus justice. L’arrivée dans cette ile, réputée la plus belle, nous emmènera à travers le « Marlborough Sound », très jolie succession de canaux marins sauvages et de petits fjords boisés, histoire de nous donner tout de suite un avant gout de ce qui attend nos sens. La quête quotidienne d’un lieu d’arrêt gratuit aboutira bien tard et dans le noir sur un simple terre plein en bordure de la route, au milieu de la jungle de montagne.
Photos de Wellington:
Photos vers l'Ile du Sud et Malborough Sound:
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Une heure de promenade le matin sur la « Queen Charlotte track », ne fusse que pour voir arriver le beau temps sur les fjords sauvages, et nous coupons l’ile par son centre en passant par une région vinicole qui laisse déjà apparaitre de grands sommets enneigés dans le lointain. Au cœur de ceux-ci, nous faisons halte au bord des lacs Nelson, joyaux magnifiques posés au creux d’un écrin de falaises enneigées. L’un des plus beaux endroits qu’il m’ait été donné de voir… Mélanie nous dénichera une merveilleuse cachette pour la nuit au bout d’un chemin de gravier donnant sur la rivière sauvage qui coule au fond de la Buller Gorge.
Photos de la Queen Charlotte Track:
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Photos des Lacs Nelson:
Photos de la Buller Gorge:
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Rejoignant la cote ouest de l’île, nos roues s’arrêtent prés de Westport afin de payer nos respects à la grosse soixantaine de phoques de toutes tailles (du mignon bébé à l’énorme mâle dominant et agressif) qui composent la colonie locale. Le brouillard est de retour, cachant hélas une route côtière sensée être superbe. Visite de quelques formations rocheuses bizarroïdes, et étape sur les bords d’un charmant petit lac alors que le brouillard se lève enfin.
Photos de Westport:
Photos des Pancakes Rocks:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/PancakeRocks
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Deux glaciers nous attendaient aujourd’hui. Le Franz Joseph et le Fox, géants de glaces et de rocs enchevêtrés qui se dressent tels de gigantesques murs cyclopéens jusqu’aux hauteurs montagneuses de leur vallées. Le premier se laisse approcher de très (très) prés, et nous écrase littéralement par sa masse et ses craquements sonores au fond de sa vallée encaissée. Le second, plus gracieux, est dans une phase agitée, et il convient de l’admirer d’une distance respectable. Tous deux crachent un torrent tumultueux d’eau blanc-gris depuis d’intrigantes grottes glacières, vastes ouvertures vers les entrailles frigorifiées et dangereuses des glaciers.
Photos des glaciers:
Poursuivant la route côtière vers le sud, nous laisserons la cote sur notre droite pour nous enfoncer encore un peu plus dans les « Alpes » néo-zélandaises en passant par des paysages toujours plus magnifiques dont le col de Haast, non loin duquel nous avons fait notre désormais traditionnelle halte discrète du soir, nous arriverons à Queenstown, la capitale mondiales des activités à sensations fortes (style Bunji jumping et autres), après avoir fait le détour jusqu’au charmant village d’Arrowtown, jolies maisons traditionnelles et rues bordées de grands arbres . Queenstown, et surtout sa faune de jeunes branchés venus chercher la fête et la soi-disant aventure au bout d’un élastique, ne nous laisseront pas vraiment un souvenir impérissable, et nous passerons bien vite notre chemin pour longer une énorme paroi montagneuse s’étirant sur une bonne distance et semblant infranchissable, les monts Remarquables (qui méritent bien leurs noms). Un peu plus loin, une courbe abandonnée et dissimulée de l’ancienne route du sud nous fournit une halte de choix se doublant d’un point de vue imprenable sur un autre lac magnifique dans lequel se reflètent cieux, falaises abruptes et cimes enneigées.
Photos de la descente vers le Sud du pays:
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Photos d'Arrowtown et de Queenstown:
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Le réveil du jour, et des êtres, sera de toute beauté ce matin-ci, le lac reflétant les promesses d’un ciel bleu immaculé pour une longue journée de route devant nous emmener d’abord jusqu’a Te Anau, la porte du Fjordland, et ensuite, on l’espère, jusqu’a Milford Sound, au plus profond de ces terres préservées et sauvages.
Photos du Fjordland:
La première partie sera la plus facile, et la petite bourgade nous réservera bon accueil, située au bord d’un énième lac très bleu, très pur, enchanté par les reflets des monts enneigés qui somnolent en arrière plan. Mais de la commence une longue route solitaire, réputée difficile et parfois dangereuse. Une route qui, pourtant, avec la grâce d’une journée d’air pur et de vues dégagées a la perfection, se marquera a tout jamais dans ma mémoire comme la plus belle, non, la plus magnifique, qu’il m’ai été donne de parcourir jusqu’a présent. Plus de montagnes aux cimes enneigées encore, c’en devient une orgie, nous nous enfonçons en leur sein, plus loin toujours, par de longues vallées encaissées donnant l’une dans l’autre, en une succession improbable de paysages a la fois suisses et scandinaves... Je peine a trouver mes mots pour décrire ce que mes yeux et mon coeur ont vu et vécu aujourd’hui, cet élan vers l’infini naturel, ou cet émerveillement impressionné qui nous fait sentir immense et tout petit, les deux a la fois, lorsque, le temps d’une pause, on se tient sur un point de vue qui semble flotter au centre d’un cercle de pics et de sommets mélanges. Sur 360 degrés, recouvertes de leurs parures douce et blanchâtre, des montagnes nous entourent, nous dominent et nous surveillent, comme se tenant par les mains dans une chaîne vigilante...
L’arrivée au fond du fjord de Milford Sound, à l’extrémité des 120km de goudron, sera paradoxalement moins enivrante que le chemin parcouru pour ce faire. Quoique de toute beauté et enfoncé dans des parois abruptes d’ou jaillissent quelques grosses cascades et autres chutes, le petit bras de mer qui fait le fjord ne nous fera pas l’effet attendu. Le cheminement surpassant la destination, nous reprendront vite la route dans l’autre sens, espérant poser le camp dans le point de vue magique décrit plus haut, par chance seul endroit du coin dans lequel fut omis l’habituel petit signe interdisant camping ou arrêt nocturne. Ce qui n’est pas interdit étant permis (dans la mesure du bon sens), le lieu sera a nous, rien qu’a nous, pour admirer dans la tranquillité les effets de la transition des lumières de fin de journée a celles des étoiles sur ce cirque montagneux unique et inspirant. Je m’endormirais sur cette combinaison rare de temps parfait, de magnificence et d’intensité naturelle, et d’isolement absolu, certain d’avoir vu, et vécu, aujourd’hui le plus bel endroit du monde à mes yeux...
La magie est partie avec la nuit, la brume et la grisaille ont refermé la boite aux joyaux naturels, qui ne se laissent plus voir... Pourtant quelques promenades et quelques marches nous apporteront encore quelques désserts visuels avant de quitter les lieux et de repartir vers la relative civilisation. Le « Key summit » ouvrira, quelques instants encore, pour nous les volets recouvrant la fenêtre donnant sur le paradis montagneux... Nous consacrerons le reste de la journée a terminer la grande boucle qui nous avait amèné depuis Queenstown au fond du Fjordland pour retourner dans la première, enfin sur notre aire d’arrêt si belle au bord de son lac...
Les quelques journées restantes nous verrons relativement pressés, la trotte restant jusqu’a Christchurch n’étant pas mince affaire si l’on désire garder encore un peu le loisir d’offrir à nos regards les nombreuses merveilles disposées encore par la Nouvelle Zélande sur notre passage.
Au bord d’une gorge profonde au torrent tumultueux (l’Argonath pour le aficionados des aventures de Frodon), des fous se jettent dans le vide suspendu a un fil semblant vraiment trop mince. Nous aurons le courage de les regarder quelques instants, en affrontant leurs cris d’agonie...
Plus loin après la rencontre avec le Mont Cook, la montagne la plus elevee du pays, l’immense glacier Abel Tasman et ses iceberg blancs gris, gros comme des immeubles, c’est encore cols montagneux parsemés de neige, vallées pelées aux herbes jaunies et éventées, grandes pleines impressionnantes, a la luminosité forte, encerclées au loin par des pics toujours blancs (qui servirent pour le Rohan et ses cavaliers), de nouveaux lacs, cette fois bordes par des collines parsemées de moutons a Fairlie, nous servant d’arrêt, des villages charmants, a moitie vieille Angleterre a moitie Far West, tel celui drôlement nommé Géraldine...
Photos du Mt Cook et du Glacier Tasman:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/MtCookEtGlacierTasman
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Photos du col de Lindis et de Twizel:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/LindisPassEtTwizel
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Photos de Fairlie et Geraldine:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/FairlieEtGeraldine
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Et enfin, après une longue route n’ayant plus d’intérêt une fois les montagnes quittées, Christchurch, capitale de l’Ile du Sud, ville tranquille avec son beau parc, sa vieille université transformée en espace artistique, et sa rivière centrale sur laquelle des gondoliers promènent amoureux ou romantiques pour quelques dollars locaux. C’est la que nous devons rendre le fidèle destrier qui nous a porté ces derniers 15 jours, après une dernier très mauvaise nuit a bord, passée sur un parking plutôt mal fréquenté...
Photos de Christchurch:
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Retour en avion jusqu’a Auckland point de départ et d’arrivée, le chemin des nuages achevant de nous surprendre quand a l’étendue des chaînes montagneuses, pendant que en nous admirons une dernière fois les cimes et la géographie... Départ le lendemain matin a destination de l’Australie, relativement appauvris du portefeuille, mais néanmoins fort mélancoliques a l’idée de quitter cet extraordinaire pays...
Retour en avion jusqu’a Auckland point de départ et d’arrivée, le chemin des nuages achevant de nous surprendre quand a l’étendue des chaînes montagneuses, pendant que en nous admirons une dernière fois les cimes et la géographie... Départ le lendemain matin a destination de l’Australie, relativement appauvris du portefeuille, mais néanmoins fort mélancoliques a l’idée de quitter cet extraordinaire pays...
Photos depuis les airs:
http://picasaweb.google.fr/atanaeldecyrdee/VolChristchurchAuckland
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Hormis le bref passage en Argentine, la Nouvelle Zélande devait être pour moi le premier pays qui m’était entièrement inconnu dans l’itinéraire prévu. Et, c’était relativement innocent de ce qu’avait a offrir ces deux îles que j’avais débarqué sans avoir auparavant consulté ni guides de voyages ni sites web. Seules quelques informations données par un voyageur allemand allant dans l’autre sens donnaient quelques indices sur la nature du pays et jetaient quelques pistes sur le chemin à suivre.
Des l’arrivée, c’est a dire l’immigration et les douanes, nous avons compris que « les choses sont différentes ici »...Mais dans un sens rare. Mystère pour nous belges, plus habitués aux brimades rébarbatives des forces de l’ordre, généralement peu serviables (a, il faut le dire, quelques remarquables exceptions près) qu’a autre chose, les kiwis (autre nom par lequel s’identifient les néo-zélandais) semblent avoir réussi a conjuguer amabilité et professionnalisme dans les secteurs officiels (en y incluant la sécurité) ou administratifs. La preuve est ici faite, qu’il est possible de poser les questions d’usage sans devoir ni crier, ni prendre un air bêtement autoritaire, tout en gardant le sourire, puis de demander gentiment aux deux voyageurs étant passes par les pays de la coca de se faire renifler par le chien des stup, enfin en les remerciant d’avoir bien rempli leur déclaration de douane en signalant que leurs bottines et tente pouvaient être contaminés par quelques boues d’origines lointaines. Quelle différence !
Le faible coût de la vie pour des conditions de voyage identiques, voire meilleures, a celles qu’on est en mesure d’attendre en Europe, multiplie les possibilités de découverte ou d’activité, tout en jouissant d’une atmosphère très sécurisante et sans devoir se cantonner dans une piaule infâme en bordure d’autoroute, même pour les budgets réduits... Et on vous sert avec le sourire, ou l’on s’excuse si le sourire est difficile a tenir aujourd’hui... Le revers de cette médaille c’est que cela encourage a dépenser, entre la location a très bas prix d’un excellent van, quelques bons produits alimentaires retrouvés après 5 mois d’absence, l’une ou l’autre crasse lors d’un arrêt, ou une visite, et la note monte vite lorsque l’on prend finalement en compte tout le carburant parti en fumée...
Outre l’amabilité, le professionnalisme, le sourire, l’accueil, des prix abordables, la Nouvelles Zélande fourni aussi une information touristique fiable et gratuite, présente dans chaque village un peu visité. Le sommet, pour des voyageurs tels que nous, reste néanmoins les nombreuses toilettes publiques, gratuites, ultra propre et hyper entretenues, papier compris... Un luxe !
Les chemins et autres sentiers de grandes randonnées sont impeccablement maintenus, et lorsqu’ils sont dans des zones a risques, ou endommagés par les conditions naturelles, de nombreux panneaux le signalent, en excusent presque l’état, et offrent des recommandations quand au niveau d’expérience nécessaire ou aux alternatives possibles. C’en est presque trop tant le ton y est prévenant et conservateur ; il n’est pas rare que des passages relativement modérés et bien signales soient présentés comme très ardus et nécessitant soit d’être des randonneurs confirmés, soit la présence d’un guide qualifié.
L’extrême beauté naturelle des lieux, a la fois diversifiée mais néanmoins assez proches de nos canons occidentaux (a contrario des paysages incroyables, presque étranges du Su Ouest bolivien) pour que l’on puisse s’y relier, ne cesse jamais de surprendre et d’émerveiller même le voyageur le plus expérimenté. Celle-ci est habilement mise en valeur et protégée par une combinaison de parc nationaux et naturels, regroupée sous une administration centralisée efficace, avec de nombreuses antennes locales tenus par des bénévoles chaleureux et amoureux de leurs terres. C’est que les néo-zélandais sont fiers à l’extrême de leurs îles…
Quelques endroits échappent malheureusement à cette règle, avec, parfois, certaines pratiques détestables, le plus souvent liées a des enjeux financiers découlant du tourisme soit disant d’aventure. C’est le cas lamentable des « shotover jetboats » et autre bateaux ultra rapides du même acabit, qui se propulsent, grâce a leurs turbines surpuissantes, entre des gorges naturelles dans une succession de tête a queue, dérapages et autre freinages violents, pour le plus grand plaisir égoïste des amateurs de sensations faciles mais fortes, mais stérilisant littéralement des sections entières de rivières classées…
Sur la route, notre plus grande préoccupation, hormis celle que constituait notre « emprunte écologique » qui grandissait trop rapidement au goût de notre budget, fut le fait que l’assurance automobile n’est pas obligatoire dans le pays, avec les conséquences qu’on imagine facilement en cas d’accident puisque de nombreux Kiwis roulent « sans précautions ».
La grande absente de notre séjour dans le pays aura, hélas, été la rencontre avec les Maoris, les derniers habitants indigènes de ces îles, eux même conquérants maritimes, qui auraient, selon la légende, dégusté les habitants antérieurs jusqu’au dernier… 15 jours c’était trop peu pour une rencontre authentique, c'est-à-dire pas l’une de celles que proposent les dépliants touristiques contre une grosse poignée de dollars. Qui sait, une prochaine fois peut être…
Tristement, un mois après notre départ, les habitants, effrayés par les récents bouleversements boursiers, ont élus des candidats nationalistes comme représentants de la nation, mettant ainsi fin à plusieurs législatures sociales-démocrates plutôt efficaces… Enfin, advienne que pourra, il y aura encore longtemps 40 millions de moutons contre 4 millions d’humains dans ce pays…
Suite a ce bref passage, vraiment trop court pour rendre justice a ce pays sublime, dont je pourrais, malgré les quelques points noirs cités plus haut, continuer a faire les éloges des heures durant, je me pense enfin en mesure de répondre a une question que l’on m’a mille fois posée durant et entre mes voyages : « Quel est ton pays préféré ? ». Au demeurant c’est une question que je trouve réductrice, mais auquel je répondrais, jusqu'à nouvel ordre : « la Nouvelle Zélande », tant ces terres, parmi les plus éloignées possibles de notre petit royaume, allient et conjuguent de nombreuses qualités auxquelles je suis sensible…
jeudi 1 janvier 2009
lundi 6 octobre 2008
Tahiti et la Polynesie Francaise
Sable blanc, mer tuquoise et ciel bleu: Le cliche du paradis sur terre...Malgré l’arrivée nocturne de l’oiseau de fer, Ukulélé et fleurs de jasmins, distribuées par de belles hôtesses, attendent les passagers sous une chaleur humide conformément à la tradition d’accueil des îles.
Mais, contrairement a la grande majorité de la cargaison humaine, aucun hôtel de luxe, ni croisière, ni tour groupe ne nous attend à la sortie des douanes pour nous remettre moult colliers de fleurs. Et le restant de la première nuit sera passé sur les bancs de l’aéroport à attendre que la sixième heure sonne pendant qu’un étrange personnage se surnommant lui-même Clovis nous entretient de toutes sortes de délires et nous bénis…
Avec le jour vient aussi le « truck », sorte de camion transformé en bus, dans lequel nous nous entasserons avec nos sacs et les gens partant au travail. Direction Papeete et son fameux marché couvert, de style colonial, où se vendent les paréos les moins chers de Polynésie. Accessoire indispensable au voyageur cheminant sous ces latitudes, à la fois draps de lit, essuie de bain, vêtement ou baluchon… Hélas, le meilleur vendeur de paréo, un réré (un homme vivant une vie de femme) qui m’en avait vendu un il y a 11 ans, a disparu, parti dans les îles…
L’extrême sympathie et chaleur humaine de la vendeuse de paréos qui gardera nos lourds sacs a dos pendant quelques heures, le temps de visiter un peu plus Papeete et y faire quelques emplettes, me surprendra positivement. L’atmosphère était franchement hostile lors de ma visite précédente.
Deux paréos, un masque et un tuba plus loin, il sera grand temps de quitter déjà l’ile de Tahiti pour sauter sur le ferry le moins cher qui nous mènera vers Moorea la sublime, l’ile voisine réputée pour ses plages et ses paysages « clichés de paradis ». Notre plan était d’y rester quelques jours avant de pousser un peu plus loin vers d’autres iles plus éloignées.
Par facilité et par désir de retracer, une fois de plus, mes pas, nous établirons notre camp au camping Nelson, très inconfortablement serrés dans la tente avec tout le matériel d’hivers, désormais moins utile. Si visuellement le lieu est resté pareil à lui-même, un bout de paradis tropical par excellence avec ses grands palmiers se courbant sous le ciel bleu au dessus des sables blancs et des eaux turquoise, le peu de sympathie des propriétaires s’est muée en antipathie glaciale et tres désagréable.
Nous déserterons vite ces gens semblant à tout prix vouloir faire fuir les rares clients potentiels, mais pas avant d’avoir fait deux rencontres marquantes :
D’abord celle de Tapu et Minarii, un couple de polynésiens travaillant a Papeete, venus passer le weekend ici avec leur pirogue à flotteur unique, qui se prendront d’amitié et de curiosité pour ce couple de belge faisant le tour de la terre.
Ensuite celle de Laura, Nico et Marie, sœur et couple venus de Lille pour accomplir une quête familiale très personnelle, rencontrés autour d’une noix de coco. C’est que ces noix, que l’on peut ramasser un peu partout sur la plage (et gratuitement, ce qui ne gâche rien dans des lieux aussi couteux que Tahiti), ont une cosse très épaisse, qui nécessite un « coupe coupe » pour arriver à la noix telle qu’elle est vendue dans nos supermarchés. Ayant ce genre d’outil dans mon sac, nous avons ouvert la coco et fait connaissance en agrémentant le jus avec un petit rhum local. Alors que nous portons cet apéritif improvisé à nos lèvres, des baleines à bosses feront quelques sauts majestueux hors des vagues, juste en dehors du récif qui protège le lagon, spectacle magique et impressionnant…
C’est en compagnie de ces derniers que nous changerons d’horizon, pour nous poser quelques trois cent mètres plus loin, au Moorea camping. A vrai dire, je ne me souviens pas d’une décision plus heureuse que ce déménagement ; ce fut tout de suite le coup de foudre avec ce le lieu sans doute plus rustique, bien moins cher (et pour une vrai chambre s’il vous plait), et agrémenté du grand sourire de Bénédicte, la charmante tenancière du lieu, qui nous ravit d’emblée.
Très rapidement, le petit groupe fait l’heureuse connaissance de Thomas, le gardien du lieu, bout en train et rassembleur qui s’est empressé de nous proposer de mettre quelques sous en commun pour préparer un « Maa’ a », repas traditionnel tahitien. Prudents au départ, nous avons d’abord marchandé le montant de la participation qu’il proposait. Méfiance inutile en découvrant la quantité et la qualité des aliments préparés, poissons et poulets attrapés par ses soins puis grillés au feu, du riz à l’œuf, du taro et d’autres légumes, et une sublime sauce à l’ail. Durant les agapes, Thomas nous présente Julien, cliché typique de l’homme Polynésien, grand, costaux, cheveux noirs long et tatouage tribal sur peau bronzée. Pourtant, loin d’être un tombeur professionnel habitué des touristes, comme on en trouve un peu partout (et il en a l’apparence), il s’avère être un homme charmant et timide, plongeur dans un ferme perlière située beaucoup plus loin dans les îles, en vacance dans son propre pays.
Je ne sais pas comment, mais ce repas fut le point d’orgue de cette série de rencontres, et le début d’une belle histoire d’amitié. Les jours se succéderont les uns aux autres, sans que nous ne réussissions à lever l’ancre, entre trempettes dans des eaux délicieuses, farniente (un mot normalement bannis de mon langage), promenades et récoltes de noix de coco, sur une plage quasi déserte depuis la fermeture des deux complexes les plus important du lieu, les défunts Club Med et Moorea Village, couronnés chaque fois par un repas de style communautaire où tous les plats sont partagés, sous les auspices de notre bon Thomas et du rire bon enfant et communicatif de Julien. Plus question de pot commun ni de participation financière, chacun apporte ce qu’il peut, bière, pates, riz, viandes, apéro, …, et presque invariablement de délicieux poissons péchés par notre gardien préféré durant l’après midi.
Nous ne décollerons plus, la compagnie de nos trois français et de nos amis polynésiens (aussi légalement français), agrémentée des conditions paradisiaques de Moorea nous suffisant amplement. Au diable le plan et à d’autres les îles plus lointaines…
Sur les quinze jours passés la, à ne pas faire grand-chose d’autres que se reposer et profiter de la vie, en amoureux ou entre amis, deux sorties s’imposeront néanmoins à notre petit groupe. Pour la première nous louerons a bon prix (bon pour nous), des kayaks soit disant de mer afin de traverser le lagon jusqu’aux motus (ilots de lagon), où l’on peut, parait-il, observer des raies et des petits requins de récifs. Les raies seront par deux fois au rendez-vous, véritable ballet aquatique envoutant, elles se passent les unes sur les autres, les unes autour des autres, tout autour de nous. Munis de nos masques et tubas nous irons les rejoindre, les plus grandes devant bien faire 1m50 d’envergure… Quelques instants à peine après être rentrés dans l’eau, trois formes plus effilées s’approchent… Tout de suite reconnaissables, ces petits requins d’1m50 à 2m de long nous mettront pourtant un peu mal à l’aise, et nous remonterons bien vite sur nos frêles esquifs de plastique, afin de les observer depuis la sécurité toute relative qu’ils procurent. Ils repartiront aussi vite qu’ils sont venus.
La deuxième que je mentionnerai fut une longue promenade qui allait nous mener jusqu'à l’intérieur de l’île en passant par le col des trois cocotiers. Une bonne marche a travers la jungle humide de l’ile, durant laquelle Julien nous montre plusieurs plantes locales et s’amuse à nous faire des couronnes de fougères, mène jusqu'à l’une des immenses brèches dans la lèvre de l’ancien cratère du volcan gigantesque que fut Moorea il y a de nombreux millénaires. Depuis le col, où ne pousse aucun cocotier, de très hautes falaises s’amincissant vers le sommet, ultimes témoignages de la taille impressionnante atteinte par le volcan, nous dominent sur les deux cotés telles des gardiens d’un sanctuaire intérieur. Vues des hauteurs, les couleurs saphir, turquoise et émeraude des eaux du lagon, font de l’ile toute entière un joyau somptueux digne d’être exhibé sur la poitrine de quelque divinité polynésienne de la mer. Peut être ces iles perdues au milieu de l’immensité aquatique sont-elles perçues comme telles par quelque esprit planétaire new âge… Le chemin poursuivra sa route dans la jungle intérieure, en passant à travers un lieu à l’atmosphère féerique dans lequel des centaines de petits cairns (empilements) de pierre sont disposés autour d’une source, jusqu'à d’anciens Marae, les enceintes sacrées de Polynésie où étaient honorés les ancêtres, situés en lisière de grands champs d’ananas. Nous reviendrons facilement en stop, non sans s’être d’abord arrêtés pour déguster quelques délicieux sorbets frais vendus au lycée agricole.
Le temps passe rapidement quand on ne fait que profiter de la douceur de vivre des tropiques, et le moment des adieux ne viendra que trop vite. Thomas nous préparera un repas particulièrement merveilleux le soir précédent le départ groupé et nous discuterons en nous amusant des choses simples de la vie bien tard le soir, en descendant canette après canette d’Hinano, la bière polynésienne. Julien disparaitra le matin du départ, peut être parti afin de dissimuler sa peine, et nous craindrons de ne pouvoir lui faire les adieux appropriés. Il réapparaitra une heure à peine avant le coup de sifflet, porteur d’un cadeau royal pour chaque couple et pour Laura: Une superbe perle noire… Il était parti voir son patron à Papeete pour négocier trois perles avec lui. Des perles à la culture desquelles il a participé… A ce jour, je suis toujours bouche bée devant ce présent somptueux.
L’heure fatidique tombant, les adieux seront remplis d’émotions, nos amis polynésiens, les larmes aux yeux, nous dirons avec fortes embrassades que jamais des « français » n’avaient été aussi gentils avec eux, que nous sommes les premiers à avoir adressé la parole à Julien lors d’un de ses congé au Moorea camping… Bénédicte, pleurant à chaudes larmes, passera des colliers de coquillages faits par sa maman autours du cou des filles. C’est donc le cœur serré que nous monterons dans le truck qui nous emmènera au ferry a destination de l’ile de Tahiti, et d’une nuit de plus sur les bancs de l’aéroport…
Et dire que, malgré la beauté incroyable des lieux, je n’avais guère aimé le climat humain de ces iles lors de ma première visite. Les gens y étaient alors franchement antipathiques si pas carrément agressifs… Que s’est-il passe en 10 ans ? Fut-ce juste la chance de rencontres différentes ?
La Polynésie que j’avais rencontrée jadis sortait à peine du choc des champignons (nucléaires) que Chirac avait fait pousser sur une de leur ile, déclenchant une haine de tous ceux qui étaient perçus comme « français », alors qu’elle était encore au sommet de son âge d’or touristique. Certains que, peu importe la façon dont ils les traitaient, les touristes continueraient toujours à affluer vers leur paradis terrestre, ils régnaient en maitres arrogants, avides et trop gourmands. Et les prix sont devenus insensés…
Dix années ont passés, et, bien que les gros resorts internationaux fassent encore le plein de clients fortunés, cet âge d’or est à présent derrière eux, détruit en grande partie par les propriétaires terriens, hôteliers, artisans, restaurateur et autres métiers du tourisme, voulant toujours plus de sous pour le privilège de visiter « leurs iles ». Aujourd’hui, les plages de Moorea sont agréablement vides, au grand désespoir des « petits » qui gagnaient leur vie en marge du tourisme.
Le Club Med a claqué la porte lorsque le propriétaire du terrain sur lequel il était établi a voulu multiplier par cinquante ( !) le prix de location du mètre carré, certain qu’il était que d’autres se jetteraient sur l’affaire le cas échéant. En attente depuis des années d’un improbable repreneur, les cases grands luxes et les bâtiments communautaires pourrissent lamentablement au bord de l’une des plus belles plages de l’ile, enfin ouverte à tous. L’histoire du Moorea Village, l’autre lieu branché du coin, qui offrait gratuitement des spectacles de danses polynésiennes, n’est guère plus élogieuse, avec le seul avantage que les cases en matériaux périssables ont déjà presque rejoint leur élément primordial.
Rajoutons à cela le fait que les voyageurs et touristes indépendants ne font guère plus un si long détour, effrayés sans doute par l’après 11 septembre et dégoutés par les sommes astronomiques qu’il faut débourser pour profiter de paysages que, sommes toutes, on peut trouver en Asie ou dans les Caraïbes pour une fraction de la distance et du cout. Comme quoi, la manne touristique peut se tarir…
La Polynésie n’a pas, non plus, été épargnée par une succession de scandales politiques et de dirigeants véreux détournant une grande partie, sinon tout, des subsides (au développement, sociaux, économiques,…) en provenance de « la métropole » (entendez la France continentale). Le « Président polynésien » actuel semble essayer de mettre un peu d’ordre dans ce fatras. En récompense de ses efforts, il se retrouve sous un feu nourri en provenance d’une opposition frustrée d’avoir perdu la poule aux œufs d’or, et bien déterminée à lui mettre des battons dans les roues, ne fut-ce que pour camoufler un peu plus longtemps ses exactions (dont une loi, vexante pour les voyageurs, interdisant aux bateaux reliant les iles de prendre plus qu’un nombre très limité de touristes afin de favoriser leurs actions dans la nouvelle ligne aérienne locale).
Etrangement, malgré un cout de la vie très élevé, une morosité économique latente, et la diminution dramatique du nombre de touristes, l’ambiance est incroyablement meilleure qu’il y a onze ans. A croire que les polynésiens sont redevenus fidèles à leur image d’accueil et de sympathie légendaire. Hormis deux exception notoires (les glaciaux tenanciers du camping Nelson, et la gérante de l’information touristique de Moorea, qui nous a carrément menti sur les promenades de l’ile afin d’essayer, sans succès, de nous vendre un tour guidé ultra cher), il m’aura fallu deux visites et onze années pour apprendre, finalement, à aimer ces iles et leurs habitants…
Tahiti reste dans mon esprit l’exemple qu’un changement positif d’attitude par rapport au tourisme est possible, et j’en repartirai les poches un peu moins remplies mais enchanté. Merci à Thomas et à Julien pour leur compagnie si formidablement agréable et pour l’amitié qu’ils nous ont témoignés, merci à Julien de m’avoir montré comment ouvrir une « coco sans coupe coupe », merci a eux de m’avoir permis de changer mon opinion sur la Polynésie…
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